Qui fait un bilan de compétences et pourquoi ?

Quand je reçois quelqu’un qui souhaite faire un bilan de compétences, au-delà des questions sur le bilan en lui-même, la méthodologie, l’organisation… il m’arrive souvent d’avoir en face de moi une personne qui me demande quel est le profil de ceux/celles que j’accompagne, quels sont leurs projets à l’issue du bilan ?

Poussée par la curiosité, et pour être plus précise désormais, j’ai fait une étude statistique sur ces questions (pour les personnes que j’ai accompagnées ces six dernières années, soit 76 personnes).

Commençons par le profil des personnes :

  • une grosse majorité de femmes (presque 80%)
  • près des 2/3 ont entre 35 et 54 ans, et près de la moitié entre 35 et 44 ans – ah la fameuse crise de la quarantaine !
  • 1/3 ont un diplôme de type BTS et 1/4 ont fait des études supérieures jusqu’au Master

Concernant les projets, d’abord un graphique : RésBC

On constate que les projets, pour un grand nombre d’entre eux, aboutissent à suivre une formation diplômante et à se réorienter, ce qui va le plus souvent ensemble (nous le verrons dans le tableau suivant). C’est l’idée que l’on se fait en général d’un bilan de compétences : il sert à se reconvertir. Mais on voit aussi que, contrairement aux idées reçues, faire un bilan est souvent l’occasion de se rendre compte que l’on apprécie son métier (ce que j’appelle « réinvestissement métier ») et/ou que l’on souhaite évoluer, avec ou sans management. De quoi rassurer les entreprises, quand un(e) de leurs employé leur dit : « J’aimerais faire un bilan de compétences. » 😉 Par contre, dans les derniers de la liste, on retrouve la création d’entreprise (dans son domaine ou en se réorientant), ce qui n’est pas étonnant quand on sait que créer une entreprise reste encore compliqué et risqué.

Pour préciser ce graphique, j’ai repris de manière détaillée, pour ces deux dernières années (soit 27 personnes), ces résultats. En effet, les projets ne sont pas d’une seule teneur (je me reconvertis OU je me forme), mais souvent avec deux ou trois éléments du graphique précédent. Dans le tableau ci-dessous, on constate, logiquement, que quasiment toute réorientation est assortie d’une formation diplômante, alors que cette proportion est bien moins importante en cas d’évolution (surtout si c’est dans la même entreprise). Se réapproprier son métier amène le plus souvent à des changements moins forts (modification de missions, avec parfois une évolution) et si une formation est envisagée, elle est le plus souvent de courte durée, histoire de renforcer ses compétences plus que de monter en qualification.
RésBCdétails.pdf Alors, surprise ou confirmation de ce que vous pensiez ? Je suis curieuse de connaître vos réactions…